mercredi 3 avril 2013

Les Pissenlits de Yasunari Kawabata


Voici un livre posthume du grand écrivain japonais, Yasunari Kawabata (1899-1972). Un monde à part, avec une vision crue sur l’humanité.



Pour ce prix Nobel de la littérature en 1968, l’écriture est un sacerdoce. Ici, pour ce livre resté dans les tiroirs et qui vient d’être publié, plus de 44 ans après la mort du génie japonais, le lecteur devient un témoin participant à la trame du roman. C’est ainsi qu’il écoute une conversation censée être intime entre une mère et l'amant de sa fille. La mère vient de se faire interner dans un hôpital pour les fous.  
Tout va de travers dans ce dialogue de sourd. Car la conversation se révèle sans la moindre issue. D’un côté comme de l’autre, personne n’écoute, mais chacun parle, dit ce qu’il a à dire sans se soucier de ce que l’autre pense ou sente. Comme toujours chez Kawabata, l’écriture  est fuyante. Il est vrai que le lecteur st ici témoin, malgré lui. Mais tout lui échappe du même coup. 
Et c’est ce tour de force qui fait que ce livre inachevé est un petit bijou du genre. Tout est ici dramatique, mais le drame en lui-même est inexistant. D’ailleurs, ce procédé, très japonais de révéler des sentiments, fait que la littérature nippone, celle de Kawabata ou encore de Mishima demeure à la fois intemporelle et encore mal comprise. Au du moins, pas encore jugée à sa juste valeur.
 
Ed. Albin Michel, 200 p.