mercredi 5 juin 2013

Maladie de parkinson au Maroc: Déficit de spécialistes et manque de prise en charge


Les Journées internationales consacrées à la maladie du parkinson ont eu lieu à Marrakech, les 24 et 25 mai 2013. 15 % du nombre de malades auscultés par des neurologues des secteurs privé et public sont atteints par la maladie du parkinson au Maroc.
Le chiffre tombe comme un couperet. La maladie de Parkinson touche de plus en plus de Marocains. C’est ce qui ressort de ces journées scientifiques internationales dédiées à la maladie de Parkinson, organisées à Marrakech sou l’initiative du professeur Najib Kissani, le chef de service de neurologie au Centre hospitalier universitaire Mohammed VI de Marrakech. En effet, les statistiques font peur : 15 % du nombre de malades qui ont été traités par des neurologues des secteurs privé et public sont atteints par la maladie du parkinson.   C’est simple, pour les spécialistes marocains, Parkinson demeure une maladie méconnue. Non seulement de la part des patients qui ignorent qu’ils sont déjà atteints, mais également cde la part des médecins, qui doivent s’ouvrir aux dernières innovations et découvertes en matière de diagnostic dans ce domaine. Pour Najib Kissani, qui est aussi président du Laboratoire de neurosciences cliniques et expérimentales, relevant de la Faculté de médecine de Marrakech, «la médecine de la maladie du parkinson et des mouvements anormaux souffre au Maroc d’un manque de spécialistes et pose des problèmes au niveau de la prise en charge.»
Paralysie agitante
On le sait Parkinson est une pathologie lourde. Les spécialistes la nomment aussi la paralysie agitante. Comme l’explique le Pr Wafae Messouak, : «La maladie de Parkinson est une pathologie neurologique qui touche environ 1 à 2% de la population de plus de 50 ans. Elle se caractérise habituellement par un tremblement, une lenteur des mouvements et une contracture musculaire». Selon les chiffres disponibles au niveau du ministère de la Santé, environ 50.000 personnes seraient atteintes de cette maladie dégénérative, avec environ 4.000 nouveaux cas déclarés chaque année au Maroc. Les symptômes sont reconnaissables : tremblements des membres au repos, rigidité musculaire et akinésie. Pour le professeur Mesouak, «Il existe parfois des atteintes intellectuelles comme une détérioration de la mémoire et des difficultés à adapter son comportement au changement de situation. A des stades plus avancés, la maladie peut s’accompagner de confusion mentale ou de démence. Dans 30% des cas, le malade peut présenter une dépression.» Mais la maladie de Parkinson peut aussi être héréditaire. Pour les scientifiques marocains, «une personne dont l’un des parents est atteint de la maladie de Parkinson présente un risque plus élevé d’être elle-même atteinte de la maladie.»  
Prise en charge
Reste que malgré le travail de nombreux professeurs de grande valeur, le Maroc n’a pas encore prix la mesure du danger  et de la gravité d’une pathologie qui peut frapper à partir de 50 ans, n’importe qui. Manque d’information, de sensibilisation, déficit en formation dans ce domaine très précis et surtout un manque de prise en charge des malades. En effet, un malade parkinsonien devient une charge pour sa famille. Il faut une attention de tous les instants pour aider à vivre ces personnes qui parfois tombent dans la démence. Il leur faut un accompagnateur, parce que souvent des personnes sortent et ne savent plus comment revenir chez eux, parce qu’ils ont perdu la mémoire, momentanément.  Dans d’autres cas, les personnes dépressives ont besoin d’un grand soutien psychologique pour les sortir de la solitude et le noir où elles vivent. Sans oublier le coût élevé des diagnostics, des soins et des médicaments. Ceci dans l’absence de traitements efficaces qui peuvent guérir. C’est dans ce sens que les journées de Marrakech ont été importantes pour inciter les spécialistes de cette médecine à mettre à jour leurs connaissances à travers la formation continue, dans un domaine qui ne cesse de connaitre des nouveautés permanentes en Europe et aux USA. D’ailleurs au Maroc, on peut aussi noter l’absence d’associations qui se penchent sur cette maladie pour la faire connaître et aider les patients à se soigner.

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