mercredi 5 juin 2013

Festival de Fès de la musique sacrée: Paco De Lucia au firmament


Paco de Lucia est l’une des plus grandes figures qui prendront part au festival de Fès des musiques sacrées du monde. Un nom qui résonne fort dans le monde de la musique universelle.




C’est un artiste qu’on ne présente plus. Paco De Lucia est à coup sûr l’une des plus grandes légendes vivantes du flamenco. C’est aussi l’un des plus grands guitaristes au monde. Son style est très particulier. Il est à la fois habité par cette quête de la passion et de la liberté. Sans oublier cette dimension universelle qui octroie à son art plus de profondeur et d’actualité. Paco De Lucia est aussi un inventeur et transfigurateur de son sujet. Son cante jondo puisé auprès de son ancien mentor Camaron da Isla, est revu et sublimée avec une guitare flamenca qui situe ce propos dans le domaine pur des sens.  On retrouve alors dans ce jeu un peu de jazz. Cette dernière tendance est née des accointances avec quelques figures tutélaires  de la profession ainsi quelques plus grands guitaristes du monde comme Larry Corel, John Mac Laughin ou Al Di Meola. Sans oublier le travail très personnel avec le pianiste et compositeur Chick Corea.

Une autre planète

Paco De Lucia vient d’une autre planète musicale. Il a un don pour faire passer des sensations fortes tout en se réservant le droit de ne pas donner dans l’excès. Tout ici est décliné en douce, sans forcer le trait. D’ailleurs son parcours est une success story. "Fantasía flamenca" en 1969 est son premier fait d’armes. Un bijou musical sans précédent.  Suivent des enregistrements de plusieurs thèmes du compositeur espagnol Manuel de Falla qui ont façonné l’approche du flamenco ibérique.  Mais il y a aussi son interprétation du Concerto d'Aranjuez de Joaquín Rodrigo, un instant magique, un morceau de choix qui reste aujourd’hui parmi les plus belles pages musicales au monde. Il faut aussi ajouter sa rumba "Entre dos aguas", un classique du genre ou encore son album Ziryab, qui est un condensé de  sa vision musicale avec les différentes tonalités qui y sont imprimés à travers de multiples influences et brassages. Il faut dire que Paco De Lucia est un prodige. Déjà à cinq ans, il tutoyait son instrument fétiche, la guitare.
Il faut aussi y voir l’impact  de son père et de ses frères Ramón de Algesiras et Pepe de Lucia, respectivement guitariste, et cantador. De cette période, Paco De Lucia garde ce souvenir qu’il partage avec les aficionados de son art : « Il y avait dans notre maison une grande cour intérieure ("patio"). Quand mon père rentrait dans la nuit, il continuait à jouer pour le plaisir avec d’autres musiciens. Beaucoup de grands noms sont passés par ce patio, et je me réveillais dans cette ambiance. Avant même de poser les doigts sur un manche de guitare, je connaissais tout du flamenco : les rythmes les plus complexes, le langage.» Comme quoi, il y a des destinées incontournables. 


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