lundi 22 juillet 2013

Le cèdre de l’Atlas est menacé de disparition: Faut-il brûler les braconniers ?


Le cèdre de l'Atlas vient de faire son entrée dans la liste rouge des espèces menacées de disparition au Maroc. En cause le braconnage, la surexploiatation et les parasites, faute de soins et d’intérêt.






L’UICN, (l‘Union internationale pour la conservation de la nature) vient de rendre publics les résultats de ses travaux sur le cèdre au Maroc. La liste des espèces en voie de disparition pour l’année 2013 vient de s’élargir avec l’entrée du cèdre marocain. Un rapport détaillé, réalisé par de nombreux chercheurs qui ont travaillé sur le terrain durant plusieurs années,  montre à quel point l’hécatombe est de taille. En effet, selon les spécialistes, «le cèdre figure parmi les 34% de conifères menacés d’extinction, soit une augmentation de 4% depuis 1998. » Le cèdre de l’Atlas, connu aussi sous le nom de Crus Atlantica est aujourd’hui en danger. Les raisons sont simples pour les rapporteurs de l’UICN. Ces derniers estiment que la surexploitation et les différents parasites qui l’attaquent sont les principales causes de ce danger.

Coupe de bois

Pour les connaisseurs, le bois de cèdre est l’un des plus beaux. Il est aussi très convoité par de nombreux artisans qui le travaillent pour réaliser des meubles. De nombreux menuisiers affirment que le cèdre est aussi très cher et peut rapporter gros. Un filon connu depuis plusieurs années, mais depuis dix ans, le phénomène s’est amplifié. C’est simple, pour approvisionner les manufactures soit dans la région de l’Atlas mais aussi dans des villes comme Fès ou Meknès ou  encore dans le nord à Tétouan et plus au sud à Essaouira, les braconniers s’activent derrière une entreprise très juteuse. Certains accusent même ouvertement les gardes forestiers de fermer les yeux face à ce braconnage qui rapporte gros. D’autres activistes écologistes pointent du doigt le Haut Commissariat aux eaux et forêts qui doit  mettre  en place une stratégie forte et efficace pour barrer la route aux coupeurs clandestins de bois qui sévissent  non seulement dans l’Atlas mais aussi dans certaines régions du rif où le cèdre pousse encore. Pour un écologiste comme Michel Tarrier, qui a souvent tiré la sonnette d’alarme pour sauver ce qui encore peut l’être, les choses sont graves : « Tous sont responsables, du berger au garde forestier, mais sont surtout coupables les propriétaires absents qui confient des effectifs surnuméraires de moutons à des bergers locaux.» pour traire dans des zones de forêts où la qualité du sol paie un lourd tribut à ces pratiques qui font fi du repos de la terre, de la relation entre eau et arbres. C’est cet équilibre fragile qui est aujourd’hui au centre de toutes les préoccupations.
Les spécialistes sont unanimes. Une forêt ne peut être sauvée que soi elle garde son écosystème protégé loin des agressions des bergers, des braconniers et de la coupe irrationnelle de bois. Chaque arbre qui tombe  est une perte séculaire irremplaçable. Surtout que derrière, il n’y a aucune politique de revivifier la forêt en procédant par période de plantation qui peuvent aboutir, à très long terme à régénérer la flore et donc la faune. Car dans ce processus de destruction du cèdre, il ne faut pas oublier que c’est l’habitat naturel de plusieurs espèces d’oiseaux et d’insectes, importants pour l’équilibre de l’écosystème qui est  à jamais détruit. 

Un patrimoine national

Le pire c’est qu’en s’attaquant au cèdre de l’Atlas, on porte un coup fatal à une espèce de plante qui à elle seule représente  la moitié de la biodiversité marocaine. Pour l‘Union internationale pour la conservation de la nature si le cèdre disparaissait, ce sont toutes les autres variétés végétale qui dépendent de sa présence qui vont disparaitre. Un effet domino qui peut  entrainer une catastrophe écologique pour toute la région, mais aussi pour le Maroc dont l’Atlas reste l’unique poumon vital, vu que le Sud, l’Est et de larges parties du centre sont menacés par la désertification.
Su un plan environnemental, les choses sont encore graves. On sait que la déforestation  peut engendrer la libération des quantités de carbone très importante dans l’atmosphère et renforce ainsi le réchauffement climatique. Aujourd’hui, la superficie totale des cédraies marocaines atteint quelque 131.800 ha. On les trouve essentiellement dans le Moyen Atlas, le Rif et le Haut Atlas. Comme c’est un conifère qui ne peut vivre qu’en haute altitude, dans des zones montagneuses allant jusqu’à 2500 m, le cèdre peut mettre plus de trente ans avant d’atteindre l’âge adulte, c’est dire que chaque arbre mutilé aujourd’hui, demande plusieurs décennies pour repousser.
Les chercheurs demandent donc une meilleure gestion de ce patrimoine marocain  laissé à la dérive. Il faut arrêter les coupes de bois. Il faut interdire le braconnage, et veiller au respect des  zones qui doivent être interdites d’accés. Et surtout éviter  de faire de la forêt une zone de pâturage pour les différents cheptels de la région.
Il est vrai que  nous sommes face à des régions où les villages n’ont d’autres choix que de faire brouter leur moutons  dans le voisinage du cèdre, mais il y a un choix à faire : protéger la nature ou la précipiter dans la surconsommation au risque de faire disparaître toute vie végétale importante dans les montagnes du Maroc.


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