mercredi 31 juillet 2013

« Chronique d’hiver » de Paul Auster: La vie et rien d’autre


Roman : Le grand écrivain New yorkais, Paul Auster, signe un magnifique texte sur sa vie et son parcours. Décliné à la deuxième personne, « Chronique d’hiver » fait écho à « L’invention de la solitude », écrit il y a trente ans.  




Ce n’est pas là le portrait d’un homme de lettres, un littérateur qui revient sur plus de trois décennies d’écriture pour nous livrer un récit concis, et parfois fier sur la carrière, le travail accompli et autres autosatisfaction. Rien de tel chez Paul Auster, dans ce magnifique livre qu’est « Chronique d’hiver ». L’auteur est un acteur dans un monde qui se crée devant lui et dont il participe aux mutations. A soixante-quatre ans, Paul Auster commence à voir sa vie derrière lui. Le rétroviseur est ici à double sens. Il sert de miroir qui reflète une vie, avec toutes ses variations. Et de lanterne qui luit, loin de vue, pour illuminer ce qui peut venir, ce qui adviendra, ce qui n’est pas encore là.
Tout défile dans le passé. On retrouve le jeune américain, féru de Base Ball, qui aime les femmes et dé »couvre toute la puissance du corps. Puis, on est face à un autre Paul, aux prises avec les contingences de la vie. Amour, passion, déceptions, rage, espoir naissant, et le texte, l’écrit, la page blanche, le livre qui naît.
Quête de soi
Paul Auster fait partie de ces rares écrivains américains qui ont une telle force que le récit rend avec grande simplicité. Comme chez un autre gênât des lettres américaines, Jim Harrison, toute l’oeuvre de Paul Auster est finalement centré sur l’humain. Sur l’homme, ce Paul que l’on connaît depuis L’invention de la solitude, puis que l’on a suivi à travers Léviathan, Tombouctou, Dans le scriptorium, Invisible et tant d’autres romans où il est toujours question du rapport de l’homme à son texte. Une textualité qui n’est pas jamais linéaire, mais qui embrasse la vie selon d’autres exigences temporelles.
Chez Paul Auster, c’est la vie qui prime. La vie et la mort, qui est toujours là, tapie, quelque part, mais qui est jusque-là vaincue par plus fort qu’elle : la volonté de vivre, la force de respirer,  l’infini du mot qui porte le secret des choses en ses confins. C’est cela l’écriture de Paul Auster, une réelle plongée  en soi, pour se retrouver, en son épicentre disloqué, mais toujours opérationnel. Car dans cette œuvre, il n’y a pas de place pour la perfection. Tout est à dimension humain où la peur, l’échec et l’incertitude tiennent aussi une grande place. Humain quoi.

Editions Actes Sud. 260 dhs. 

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