vendredi 27 septembre 2013

« Le cahier de Maya » d’Isabel Allende. Retour aux sources du bien


A 19 ans, on peut déjà avoir fait le tour de la vie. Maya, quitte San Francisco. Elle va dans une île isolée, loin de tout. C’est une idée de Nini, sa  grand-mère. Celle-ci veut l’aider à tourner une page lourde de son passé. Maya a eu des démêlés avec la police. Elle est traquée par le FBI. Drogue, mauvaises rencontres, affaires louches, la vie a été très dure avec une jeune fille, qui aurait pu prendre son destin en main et entreprendre un nouveau voyage. Mais il n’est pas trop tard. Nini compte bien sur l’île de Chiloé pour guérir le corps et l’âme de sa petite fille. Cet exil imposé par les circonstance est-il de taille pour sauver une âme en peine ?





Culture latine

Défile alors le passé de Maya. On découvre que son enfance a été cahoteuse. Des parents absents. Une mère danoise et hôtesse de l’air qui l’abandonne. Son père, pilote d’avion, la confie à sa mère et s’en lave les mains. Très vite, Maya découvre le goût amer de l’absence. Elle goutte aux privations. Elle sait que les lendemains ne seront pas toujours heureux. Mais son grand-père est là. C’est avec lui qu’elle va voir des parties de foot. C’est en sa compagnie qu’elle découvre l’opéra. C’est toujours lui qui lui coiffe ses cheveux. Se tissent alors des liens indéfectibles entre ces deux personnes. L’amour et la paternité prennent un autre sens.
Isabel Allende s’est attelée à une tache pour le moins périlleuse. Traiter la toxicomanie, l’alcoolisme, les affres de la vie et la perdition, avec autant de justesse, confirme cette force narratrice que l’on a déjà aimée dans La maison aux esprits. C’est dans un retour aux sources que Maya peut puiser u peu de sa force perdue. Ce retour amont est très symbolique pour une auteure, bercée aux cultures sud-américaine, elle la Chilienne, qui a vécu les grands soubassements qui ont bouleversé le contiennent latin. Isabel Allende signe ici un roman très actuel, sans compromis sur une société moderne qui peut broyer les rêves des jeunes. Aucune pitié dans un monde fou où les paradis artificiels sont vantés à longueur d’heures par des slogans nihilistes. C’est cette absence d’humanité qui affleure dans ce cahier de Maya, à la fois bouleversant et riche d’enseignements.

Pour rappel, Isabel Allende est née au Pérou en 1942 et a vécu au Chili jusqu'en 1975, puis au Venezuela, et depuis 1988 en Californie. Après La maison aux esprits, publié en 1982 qui s'est vendu à douze millions d'exemplaires, les bestsellers s'enchaînent : Eva Luna, Paula, Fille de la Fortune, Portrait Sépia, Inès de mon âme, L'île sous la mer et une saga autobiographique, La Somme des jours
Editions Grasset. 

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