lundi 9 décembre 2013

Interview de Sharon Stone, icône du cinéma mondial par Abdelhak Najib


Hommage. Le Festival international du film de Marrakech (FIFM) a rendu hommage à l’actrice américaine Sharon Stone, lors de la cérémonie d’ouverture, le 29 novembre 2013. La grande star revient dans cet entretien sur l’honneur d’être célébrée  au Maroc en recevant une  étoile des mains de son  ami Martin Scorsese, son  engagement humain et ce  qu’elle pense du Maroc.





Abdelhak Najib : Recevoir un hommage ici, à Marrakech, qu’est-ce que cela vous inspire-t-il?



Sharon Stone: Je suis très honorée. Ma joie est double. D’abord, recevoir ce trophée des mains d’un grand ami comme Martin Scorsese est pour moi une immense fierté. Ensuite, être honorée au Maroc, dans un pays arabe et musulman, me touche au plus haut degré. Je ne savais pas que j’étais si aimée dans votre beau pays.

On l’a vu lors de votre passage par le tapis rouge, vous avez tenu à saluer le public presque un à un...

Sharon Stone: Ce fut un élan spontané. Je suis descendue de voiture et j’ai

entendu les gens crier mon nom. Je me suis retournée et j’ai marché vers eux. Ils avaient les mains tendues, j’ai aussi tendu les miennes et là j’ai senti tout l’amour que ces hommes, ces femmes, ces jeunes me portaient. Il y avait là une réelle chaleur humaine. Je n’ai ressenti que l’amour d’être parmi ces gens comme si j’étais chez moi.

Martin Scorsese a dit avant de vous remettre l’étoile pour l’hommage qui vous a été rendu, qu’en revenant au Maroc, pays qu’il connaît si bien, il est rentré à la maison. Partagez-vous ce sentiment?
Sharon Stone: Je ne connaissais pas bien le Maroc, mais j’ai voyagé dans le sud avec mes enfants, et j’ai découvert de nombreuses facettes de votre pays. J’avais aussi beaucoup entendu parler du Maroc par des amis du cinéma qui sont déjà venus à Marrakech pour le festival, mais il a fallu que je me fasse mes propres opinions. Le Maroc tranche complètement avec tout ce que l’on peut lire dans les médias américains sur le monde arabe et musulman. C’est un pays sûr, un pays stable, avec un roi qui a su prendre les initiatives qu’il faut pour que son pays traverse les événements tristes du printemps arabe, avec sérénité. C’est là un signal fort qui démontre que le royaume du Maroc est une exception.
À quel niveau?

Sharon Stone: De ce que j’ai appris et j’ai lu, le Maroc a donné plus de liberté aux femmes, et c’est là un sujet qui me touche beaucoup. Vous avez également une nouvelle constitution, plus de liberté et la démocratie prend de plus en plus de place dans la vie, à tous les niveaux.


Le fait que le gouvernement marocain soit dirigé par des islamistes, cela ne vous a-t-il pas, disons, refroidi avant de venir ici?
Sharon Stone: Non, absolument pas. Il y a une vraie tolérance au Maroc et, si j’ai bien compris, c’est là une coutume ancestrale, une réelle tradition marocaine. Cela relève de l’Histoire du Royaume et ce n’est pas l’arrivée d’un gouvernement islamiste qui peut facilement changer le poids de l’Histoire. Non, j’ai été rassurée et mon séjour marocain, avec mes enfants, m’a donné raison.

Parlez-nous de ce voyage au Maroc avant le festival avec vos enfants?

Sharon Stone: Je suis arrivée avant le festival et j’ai eu la chance de visiter le désert marocain avec mes enfants. C’était un voyage exceptionnel. Cela m’a permis de connaître un peu le Maroc. Vous savez, la rencontre des gens est capitale pour s’imprégner d’un pays. Je considère ce séjour avec mes enfants comme une réelle initiation à ce beau pays qu’est le Maroc. J’ai aimé les paysages, la générosité des gens et la paix que l’on ressent ici. Je comprends pourquoi le Maroc est synonyme de bonheur pour de très nombreuses personnes. Il y souffle un air apaisant. C’est de la magie.


Quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre carrière? Sharon Stone: Avec beaucoup de recul, j’aime tout ce que j’ai fait. J’ai joué dans des Blockbusters, j’ai fait des films qui ont marqué des époques dans l’histoire du cinéma, mais j’ai aussi joué dans des films de grands auteurs comme c’était le cas dans Casino,
de Martin Scorsese. J’ai eu la chance de toucher à plusieurs registres et je crois que c’est cela aussi qui caractérise la force d’un acteur, pouvoir camper plusieurs personnages et voyager à travers tous ces caractères.

Quel souvenir gardez-vous de la période très chaude de “Basic Instinct”?

Sharon Stone: Ce film a été un énorme pas dans ma vie d’actrice. J’ai montré ce dont j’étais capable, ce que je savais faire. Au-delà de son côté thriller sexy, c’est un film qui a une place spéciale dans ma carrière. Aujourd’hui, je suis passée à d’autres choses.


Comme votre dernier rôle, très engagé dans le film intitulé “Lovelace”?

Sharon Stone: tout à fait. là, j’ai pris d’autres risques comme vous pourrez le voir à la sortie du film. Je joue dans ce film le rôle de Dorothy Boreman, la maman de Linda, une grande figure du cinéma porno aux USA, qui s’est muée en une farouche militante anti-cinéma X. Le film n’a évidemment rien à voir avec la pornographique. c’est un très beau film qui met la lumière sur une vie humaine, un drame familial, avec beaucoup d’acuité et de sérieux. Je suis très heureuse d’avoir tourné ce film.


Cette rencontre avec Scorsese ici au Maroc pourra-t-elle déboucher sur un nouveau film ensemble? Sharon Stone : Croisez les doigts pour moi et prenons une minute pour prier ensemble pour que cela puisse avoir lieu. Je serai alors une femme comblée, parce que tourner avec Martin Scorsese est le plus cadeau que la vie puisse vous donner


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