mardi 19 novembre 2013

« Je suis né un 4 juin » de Liu Xinwu Mémoires littéraires de Chine


L’écrivain chinois Liu Xinwu livre dans ce grand volume ses impressions sur l’héritage littéraire de la Chine. On y retrouve toute la tradition chinoise dans ces nombreuses ramifications.





« Je ne suis pas une personnalité politique, je n'ai pas l'intention de jouer un rôle particulier en soulevant la question du 4 juin, même si cette date reste un événement incontournable. Il correspond à ma date de naissance. Cela restera toujours pour moi extrêmement douloureux que mon anniversaire soit associé à cette date… J'ai commencé la rédaction du livre en 2004, soit quinze ans après Tiananmen. Pour moi, c'est un souvenir très douloureux, en plus d'être un sujet toujours inabordable en Chine sous forme de livre. Mais je l'ai écrit pour défendre ma dignité. Il ne devrait pas y avoir de sujet interdit dans le domaine de la mémoire… » Liu Xinwu, écrivain chinois reconnu mondialement, revient ici, dans Je suis né un 4 juin  sur le thème tabou en Chine des événements sanglants de Tiananmen, en 1989. A l'époque, l’auteur était membre du Parti et rédacteur en chef de Littérature du peuple. Il est limogé après le 4 juin pour avoir participé à une manifestation contre la proclamation de la loi martiale.

Coup de gueule
Un coup de gueule qui lui aura coûté, mais ouvert en même temps, une voie plus indépendante pour dire ce qu’il veut sur un pays où l’écriture ne rime pas toujours avec liberté. Liu Xinwu nous livre donc ses Mémoires. Un ensemble important de plus de 1000 pages qui a la résonnance d’un pied de nez et d’un défi face aux rigueurs du Parti. Ces Mémoires reviennent  sur une période s’étendant sur presque 70 ans. On remonte à la guerre de Résistance contre le Japon pour vivre la Chine d’aujourd’hui. Une Chine, qui a n’a pas encore amorcé son mouvement  vers plus de libertés individuelles, mais qui craint toute ouverture susceptible de lever le voile sur des pratiques atroces toujours en vigueur dans ce vaste et riche pays d’Asie.
Liu fait le portrait de la Chine communiste depuis 1949 et présente une galerie de personnages influents ou officiels :  la dramaturge Sun Weishi, fille adoptive de Zhou Enlai, l’écrivaine féministe Ding Ling, ou Gao Xingjian, Prix Nobel de littérature. Plusieurs visages de la résistance par les mots. Plusieurs vies et parcours qui servent aujourd’hui de moteur pour d’autres générations d’auteurs, assoiffés de liberté pour vivre dans la dignité.

Collection Bleu de Chine, Gallimard.  

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