Si
des mammifères emblématiques du Maroc ont disparu comme le lion de l'Atlas, la
panthère, le guépard, l'oryx, l'oryx algazelle et le cerf, d’autres espèces
sont menacées alors des programmes de réintroductions voilent le jour et sont
marqués de succès.
On comprend difficilement comment un territoire aussi
riche et varié que celui du Maroc n’a pas pu continuer à abriter une grande
variété d’animaux. Avec une situation géographique particulière, jouissant d'un
climat diversifié, avec pas moins d'une quarantaine d'écosystèmes qui comprennent des forêts, des plaines,
des montagnes, des déserts, des plages, des vallées et des lacs, le Maroc doit
être l’un des pays ou la faune est la plus riche et la plus diversifiée. Cela a été le cas puisque le pays
abritait des centaines d’espèces animalières. Mais avec le temps, on ne compte
aujourd’hui que 550 espèces de vertébrés et des milliers d'invertébrés, dont
plus de 334 espèces d'oiseaux, une centaine de mammifères et 98 espèces de
reptiles. Mais les animaux les plus représentatifs du la nature marocaine ont
presque tous fais les frais de la modernité, des aléas climatiques et de la
mauvaise gestion des espaces naturels. Parmi les animaux qui faisaient la
fierté du Maroc, il faut parler de l’Oryx algazelle, connu aussi sous le nom
d’Oryx de Libye ou Oryx blanc. Animal du désert par excellence, les derniers
représentants de cette magnifique race se sont éteints entre 1970 et 1980.
Espèces
a sauver
La survie de l'espèce repose
aujourd'hui sur les populations captives, puisque plusieurs projets de
réintroduction sont en cours depuis le début des années 2000. Le Maroc fait
figure de pionnier dans ce domaine par un travail qu’il faut saluer. Le but
étant dans un premier temps de garder cette belle espèce en élevage et dans des
zoos avant de procéder, dans un deuxième temps à son introduction dans des
espaces naturels pour qu’elle retrouve son habitat naturel. Dans ce sens, le
Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la désertification a
procédé, à la réintroduction de certaines espèces animales disparues tels que
le cerf marocain, l'oryx, l'oryx algazelle et l'autruche à cou rouge, dans les
parcs nationaux de Tazga et Souss Massa, ainsi que dans les réserves de Safia à
Dakhla et de Msissi à Errachidia. Des initiatives importantes qui visent à
faire revivre un pan entier de l’histoire de la faune marocaine. Car que l’on
ne s’y trompe pas, tous les spécialistes sont d’accord, si l’on arrive à mettre
en place de réelles politiques nationales pour sauver des espèces animalières
au Maroc, même des espèces déjà disparues peuvent être réintroduites dans la
nature comme cela a été le cas dans des pays comme la Tunisie ou encore dans
les pays du Golfe. D’ailleurs la réussite marocaine pour l’oryx s’est inspirée
du modèle arabique où l’oryx d’Arabie a été un challenge important pour sauver
la faune du désert.
Plan
d’urgence
Il est aussi vrai que les espèces animalières ont beaucoup
souffert des changements climatiques que le Maroc a connu et connaît encore.
Mais il n’y a pas que cela qui a entraîné la disparition de nombreuses espèces.
D’un côté, il y a l’équilibre des écosystèmes naturels qui a été ébranlé au
Maroc. De l’autre, il faut toujours garder à présent à l’esprit les périodes de
sécheresse récurrentes qui se sont succédées pendant les années 80, avec comme
conséquences la raréfaction des ressources en eau. Tout ceci combiné à la
croissance démographique, l'expansion urbanistique, la surexploitation des
ressources naturelles et la prolifération de comportements à l'origine de la
pollution et du gaspillage des ressources naturelles, ont décimé la faune
marocaine et continuent de le faire encore menaçant d’autres espèces. L’urgence
est donc à une politique de sauvegarde nationale qui s’inscrit dans la durée
pour des espèces historiques que le Maroc ne doit pas perdre à jamais.
Quelques chiffres
L'Institut scientifique de Rabat estime à des dizaines de
millions les oiseaux migrateurs qui transitent par le territoire national, dont
environ 3 millions de limicoles, 200.000 de rapaces et 500.000 d'oiseaux
hivernants comme les anatidés, les larinae et les ciconiidés, etc.
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