vendredi 4 avril 2014

Espèces animales menacées au Maroc L’Oryx retrouve son désert

Si des mammifères emblématiques du Maroc ont disparu comme le lion de l'Atlas, la panthère, le guépard, l'oryx, l'oryx algazelle et le cerf, d’autres espèces sont menacées alors des programmes de réintroductions voilent le jour et sont marqués de succès.




On comprend difficilement comment un territoire aussi riche et varié que celui du Maroc n’a pas pu continuer à abriter une grande variété d’animaux. Avec une situation géographique particulière, jouissant d'un climat diversifié, avec pas moins d'une quarantaine d'écosystèmes  qui comprennent des forêts, des plaines, des montagnes, des déserts, des plages, des vallées et des lacs, le Maroc doit être l’un des pays ou la faune est la plus riche et la plus diversifiée.  Cela a été le cas puisque le pays abritait des centaines d’espèces animalières. Mais avec le temps, on ne compte aujourd’hui que 550 espèces de vertébrés et des milliers d'invertébrés, dont plus de 334 espèces d'oiseaux, une centaine de mammifères et 98 espèces de reptiles. Mais les animaux les plus représentatifs du la nature marocaine ont presque tous fais les frais de la modernité, des aléas climatiques et de la mauvaise gestion des espaces naturels. Parmi les animaux qui faisaient la fierté du Maroc, il faut parler de l’Oryx algazelle, connu aussi sous le nom d’Oryx de Libye ou Oryx blanc. Animal du désert par excellence, les derniers représentants de cette magnifique race se sont éteints entre 1970 et 1980.
Espèces a sauver
La survie de l'espèce repose aujourd'hui sur les populations captives, puisque plusieurs projets de réintroduction sont en cours depuis le début des années 2000. Le Maroc fait figure de pionnier dans ce domaine par un travail qu’il faut saluer. Le but étant dans un premier temps de garder cette belle espèce en élevage et dans des zoos avant de procéder, dans un deuxième temps à son introduction dans des espaces naturels pour qu’elle retrouve son habitat naturel. Dans ce sens, le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la désertification a procédé, à la réintroduction de certaines espèces animales disparues tels que le cerf marocain, l'oryx, l'oryx algazelle et l'autruche à cou rouge, dans les parcs nationaux de Tazga et Souss Massa, ainsi que dans les réserves de Safia à Dakhla et de Msissi à Errachidia. Des initiatives importantes qui visent à faire revivre un pan entier de l’histoire de la faune marocaine. Car que l’on ne s’y trompe pas, tous les spécialistes sont d’accord, si l’on arrive à mettre en place de réelles politiques nationales pour sauver des espèces animalières au Maroc, même des espèces déjà disparues peuvent être réintroduites dans la nature comme cela a été le cas dans des pays comme la Tunisie ou encore dans les pays du Golfe. D’ailleurs la réussite marocaine pour l’oryx s’est inspirée du modèle arabique où l’oryx d’Arabie a été un challenge important pour sauver la faune du désert.
Plan d’urgence
Il est aussi vrai que les espèces animalières ont beaucoup souffert des changements climatiques que le Maroc a connu et connaît encore. Mais il n’y a pas que cela qui a entraîné la disparition de nombreuses espèces. D’un côté, il y a l’équilibre des écosystèmes naturels qui a été ébranlé au Maroc. De l’autre, il faut toujours garder à présent à l’esprit les périodes de sécheresse récurrentes qui se sont succédées pendant les années 80, avec comme conséquences la raréfaction des ressources en eau. Tout ceci combiné à la croissance démographique, l'expansion urbanistique, la surexploitation des ressources naturelles et la prolifération de comportements à l'origine de la pollution et du gaspillage des ressources naturelles, ont décimé la faune marocaine et continuent de le faire encore menaçant d’autres espèces. L’urgence est donc à une politique de sauvegarde nationale qui s’inscrit dans la durée pour des espèces historiques que le Maroc ne doit pas perdre à jamais.


Quelques chiffres
L'Institut scientifique de Rabat estime à des dizaines de millions les oiseaux migrateurs qui transitent par le territoire national, dont environ 3 millions de limicoles, 200.000 de rapaces et 500.000 d'oiseaux hivernants comme les anatidés, les larinae et les ciconiidés, etc.





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire