lundi 9 décembre 2013

Les taxis font la loi et se payent la tête du client


C’est dur de trouver un taxi dans une grande ville comme Casablanca. Une évidence, vous allez me dire. J’en conviens. Surtout que plusieurs chauffeurs de taxi rouge et blanc estiment qu’ils ont un pouvoir sur les pauvres citoyens. Alors ils en abusent. Là aussi, vous allez me dire que c’est humain d’abuser, mais quand on loue un service, il y a un minimum de correction à avoir quand c’est le client qui fait tourner la baraque. 
Eh oui, c’est vous et moi, tous les clients qui sont obligés de prendre des taxis qui payent le mazout, la recette et l’argent pour nourrir la famille du chauffeur. Alors si on lui demande un peu de civisme et de respect, je crois que c’est dans l’ordre strict des choses.  Non seulement, certains sont des chauffards et des risquilleurs qui jouent avec la vie des citoyens, mais ils peuvent  être violent, irrespectueux, voire très dangereux. Certains  fument en conduisant et si tu t’avises q de lui dire que la fumée de la cigarette t’indispose, il te sort un chapelet de derrière les fagots et peut te sommer de descendre séance tenante.

Certains ont décidé, va comprendre quelle loi des taxis le leur autorise, de stationner devant les gares et dans certains coins stratégiques, comme à côté du marché de Maarif, et choisissent leurs clients. Ils sont vides, ils n’ont pas de courses en cours, mais  ta tête ne lui revient pas à monsieur le chauffeur, alors il ne te prend pas. Il pleut, il vente, il neige même, tu es transparent. Il lui faut la victime, le bleu, celui qu’il peut blouser et là c’est le métier qui joue car le taximan, qui choisit de travailler de cette façon, s’estime être un fin limier.
Il ne faut pas non plus pousser le bouchon trop loin. Non seulement, le taxi est fait pour t’emmener où tu veux, ce qui n’est presque jamais le cas, car les chauffeurs refusent d’aller dans certaines zones, mais en plus ils font dans le sélectif et le délai de faciès.

Avant d’écrire ce texte, j’ai fait mon enquête. Il n’y a aucune loi qui stipule que certains taxis doivent se garer près des terminaux ferroviaires et choisir les destinations qu’ils veulent. Non aucune. Pourquoi, c’est monnaie courante, alors ? Pourquoi, on racole et on fait des détours incroyables, parfois avec des compteurs bidonnés ? Va savoir pourquoi certains taximen affichent une telle assurance et semblent  faire fi des lois. Ce qui est sûr, c’est que le client en pâtit. Il peut se lamenter tant qu’il veut, rien ne va changer. C’est une espèce de jungle une ville comme Casablanca, alors chacun fait ce qu’il veut.  C’est triste, c’est dangereux, mais ce n’est pas une priorité pour certains de régler ce type de dysfonctionnements qui peuvent avoir de graves répercussions sociales.





Morte depuis 10 ans, découverte dans son lit


La modernité n’a pas que du bon. J’irai même jusqu’à dire qu’elle a beaucoup de mauvais. Mais le pire demeure l’individualisme, l’isolement, le chacun pour sa poire. L’oubli de l’autre, la vie en ermite, la coupure avec les autres. Il est vrai que les méfaits de la vie moderne sont plus agressifs en Occident et dans les pays riches. Quand on est pauvre, on se mêle beaucoup de la vie des autres. C’est connu.

C’est ce fait à la fois tragique et insolite rapporté en Hollande qui m’a mené à ressasser un sujet aussi délicat sur l’amour du prochain et la cohésion social. Aux Pays-Bas, le corps d'une femme a été découvert sur son lit à Rotterdam, dix ans après sa mort. Le corps a eu le temps  de devenir un simple squelette, et personne n’est jamais venu s’enquérir de la bonne femme.  Il a fallu attendre que des ouvriers chargés de remplacer la canalisation de gaz pour découvrir le cadavre.

La défunte avait 70 ans et aucun des voisins n’a cherché à savoir pourquoi elle a disparu sans sommation. Pas une personne n’est passée la voir en dix ans. Quel monde. Pour justifier leur comportement, certains voisins, badauds, alertés par la police, ont rétorqué qu’ils n’avaient pas senti «d’odeur ni vu de vermines».

Pour l’anecdote, quand la police a voulu forcer la porte, il a fallu une demi-heure pour y arriver. Le courrier de dix ans s’était amoncelé faisant bloc derrière la porte.  Mais le clou de l’histoire reste la venue d’une femme, qui a affirmé devant la police qu’elle était la fille de la défunte et qu’elle n’avait pas vu sa mère depuis vingt ans. Vive la famille.

Mais n’allez pas croire que c’est là un fait isolé. Vous vous souvenez de ces femmes séquestrées pendant trente ans aux USA. Et des autres, cette semaine, en Grande Bretagne ? Personne n’a rien vu non plus. On est occupé à trimer, à devenir des automates et à oublier qu’on est des humains et que le proche, celui qui nous ressemble, un peu, est un ingrédient essentiel de notre vie.  

Chez nous aussi, on a eu des morts découverts quelques jours plus tard. C’est vrai que c’est l’odeur qui a alerté les voisins, mais c’est symptomatique d’un monde qui a déjà changé, même dans des sociétés arabes et musulmanes où le voisin et le proche sont placés en haut lieu par le livre saint.   On a même eu une grande perle du sport national découverte décomposée trois jours après sa mort. Comme me l’a soufflé un ami, aujourd’hui on a déjà commencé à placer les vieux parents dans des foyers. Demain, les gens peuvent mourir et peut-être qu’on ne le saura que dix ans après. J’espère ne plus être de ce monde pour ne pas le voir arriver dans ce cher Maroc où les voisins sont souvent des membres à part entière de la famille. .

Lutte contre la sédentarité: 10ème cause de mortalité dans le monde


La sédentarité cause des maladies graves comme le surpoids, le diabète, des maladies cardiovasculaires et le cancer. Ne pas bouger, vivre sans activité sportive peut s’avérer mortel.
C’est le grand fléau de la vie moderne. Tout le monde ou presque vit dans la sédentarité, prend le bus ou le taxi, roule en voiture et oublie que l’activité physique est une composante essentielle pour garder une santé à toutes épreuves. Face à la recrudescence de plusieurs pathologies liées au manque de sport. En effet, de nombreuses études réalisées ces dernières années ont tiré la sonnette d’alarme pour pousser les gens à faire attention à leurs modes de vie. Pour les scientifiques du monde entier,  il faut marcher au moins 30 minutes par jour et avoir une activité sportive régulière. Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la sédentarité serait la 10e cause de mortalité dans le monde.   De ce qui ressort d’une bonne quinzaine d’études sérieuses, faites en Allemagne, aux USA, en Australie et ailleurs, Or, hommes et femmes confondus,  au moins «42 % de la population active passe en moyenne chaque jour  4 heures assis. » Soit au bureau, soit dans les transport en commun ou à la maison, c’est toujours le même rituel. On reste assis, on ne bouge que rarement et quand on rentre chez soi, on se pose devant la télévision. D’ailleurs, de nombreuses études ont démontré que de très nombreuses personnes dans le monde passent entre 3 et 4 heures,  au minimum devant les écrans d’ordinateur ou de télévision.
Nombreuses maladies
Pour le Pr François Carré, cardiologue et médecin du sport,  la sédentarité des effets néfastes sur la santé humaine et peut être la cause de très nombreuses maladies. On peut citer en premier lieu des pathologies comme le diabète, le surpoids, les troubles musuculo-squelettiques, et des cancers. Dans certains cas, ces cancers peuvent entraîner  la mort. Pour le professeur français, la marche peut jouer un rôle clé pour réduire ce type de risques. «Marcher au moins une heure par jour diminue de 14 % le risque de cancer  du sein chez la femme », nous apprend le Pr François Carré. Mieux encore, on apprend que le fait de marcher le soir, «fait baisser la glycémie et réduit les risques d’être atteint par le diabète.» Plusieurs autres spécialistes vont plus loin pour inciter les plus fainéants à marcher d’un pas plus rapide et de faire au moins 10000 pas par jour, comme le stipule la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé. Une enquête récente,  a montré que 80 % des 18-64 ans n’atteignent pas cet objectif et que 50 % des seniors font   moins de 5000 par jour. Ce qui est très peu. 

Série télévisée « The Blacklist », le nouveau bijou de NBC


En 2013, on a tenté de donner dans l’inédit, question séries. Tant les productions se suivent et souvent ne sont pas à la hauteur. Avec The Blacklist, série télévisée américaine créée par Jon Bokenkamp diffusée depuis le 23 septembre 2013 sur le réseau NBC  et bientôt sur une chaîne du groupe TF1,  relate l’histoire du criminel le plus recherché du monde, qui décide de se rendre au FBI.  Il conclue un marché avec le bureau fédéral et dénonce, un à un, tous ceux avec qui il a collaboré sur ses crimes dans le passé. Aucune condition, sinon, travailler avec une agent débutante, pour qi il semble avoir  un faible.




La série dénote par sa créativité. Avec un grand criminel aux commandes, les enquêtes ne ressemblent pas à ce qui est toujours donné à voir dans ce type de thriller, mâtiné de polar noir. James Spader, vieille connaissance, qui a disparu des écrans, revient, plus gros, moins de cheveux sur le crâne, mais sacrément bon acteur. Sobre, patient, nonchalant, il égrène les tirades dans un bonheur d’acting. Mais la série recèle d’autres grands moments de télévision. La mise en scène est soft. On n’en fait pas trop pour amuser la galerie. Si vous avez besoin d’effets spéciaux, il faut aller voir ailleurs. Ici, on est intelligent et on distille les séquences dans une belle parcimonie d’effets. Bref, The Blacklist est une excellente série que les aficionados peuvent déjà voir s’ils ont un bon tuyau chez un graveur averti.

Festival international du film de Marrakech 2013 And Now ladies and gentlemen…


La 13ème édition du festival international du film de Marrakech offre aux  aficionados un bon cru à travers une sélection officielle de très bonne facture. Du Japon au Maroc, ce sont les cinémas du monde qui sont ici célébrés.





Depuis 12 ans, le festival international du film de Marrakech nous a habitué à une sélection officielle de grand acabit. Des premiers ou des seconds films qui mettent en avant une certaine idée du 7ème Art. Quand on vient au festival de Marrakech, on présente un film de qualité, un film qui voyage, qui fait le tour des grands festivals. Toujours le même souci de rigueur filmique, de traitement au poil, de la vision novatrice, du cinéma humain, au plus près de la vie : c’est le credo qui anime Bruno Barde, le directeur artistique du FIFM. « J’ai une idée  de ce qu’est le cinéma  et de ce que sont les films. Pour la sélection du FIFM, je cherche dans les marchés. Je commence par Berlin en février. Je n’ai pas d’idée préconçue de ce que sera la sélection à suivre, mais je vois des films de partout dans le monde. Et des choix se font d’eux-mêmes. Des films s’imposent. Je n’ai pas de limites et j’attends d’être surpris. Et tant mieux  si le rendu final obéit à un fil d’Ariane qui donne cette homogénéité.», nous avait déclaré, il y a un an, lors de l’édition 2012, Bruno Barde.

Découverte du monde
Cette année, nous avons donc droit à des films qui représentent plusieurs cinématographies. Le Japon, avec «Again» de Kanai Junishi dont c’est la première œuvre. «Bad Hair» du Venezuela, signé Mariana Rondón, «Blue Ruin» représentant les Etats Unis de son réalisateur Jeremy Saulnier, la Corée du Sud,  avec «Han Gong-Ju» de Lee Su-jin, «Fevers» du Marocain Hicham Ayouch ou encore des films comme «Hotell» (Suède), «How I live now» (Royaume-Uni), Ida (Pologne), «La marche» de Nabil Ben Yadir et d’autres films  tels que : «Medeas», «The Gambler», «The Swimming Pool», «Traitors» , «The Wishful Thinkers» et «Viva La Liberta». Ce sont là de jeunes auteurs qui entament une carrière et offrent aux publics des univers à part, une certaine lecture du monde, à travers xdes histoires ancrées dans l’humain. Bruno Barde insiste sur la notion de découverte qui caractérise toujours le festival de Marrakech : «Ces auteurs irriguent le Festival de leurs talents connus ou à reconnaître. Ainsi, plus de 110 films représentant 23 nationalités seront projetés durant la manifestation. Comme chaque année depuis douze ans, l’accent sera mis sur la découverte avec la compétition qui comprend 15 films. Les « coups de cœur » montreront un cinéma marocain proche de la maturité, les films hors compétition distilleront le parfum des auteurs à la rencontre des publics et le programme de courts métrages Cinécoles révèlera des cinéastes en devenir.»   

Cinéma de cœur
Ce qui fait la particularité d’un festival de cinéma, c’est toujours la qualité de ce qui est donné à voir. La magie ne prend que parce que dans le noir de salles, chacun de nous se retrouve face à la vie telle qu’un autre la raconte. Cette variété de points de vue sur l’existence fait que le cinéma est aujourd’hui l’art qui voyage le mieux. De la Terre de feu à la Tasmanie du froid de l’Alaska au fin fond de l’Arabie, le trait d’union se fait par l’image, qui a ses propres codes, son propre langage. Celui-ci varie d’un auteur à un autre. Il est tributaire de la profondeur distillé dans chaque plan, dans chaque phrase, chaque séquences. On le sait le cinéma est l’art de faire parler l’image, sans les mots. Et quand l’image est sous-tendue par un bon texte, quel bonheur. C’est cela le festival de Marrakech : une bonne dose de découverte, du sérieux et un cinéma qui va à l’essentiel : «Les films en compétition ressemblent à l'exigence que nous avons du cinéma d'auteur, c'est à dire des films qui ont un point de vue sur le monde et le cinéma. Nous veillons à ce qu'ils reflètent les cinématographies reconnues mais aussi innovantes à travers les pays qui font le cinéma d'aujourd'hui. »,  conclut Melita Toscan Du Plantier, la directrice du FIFM.  

Interview de Sharon Stone, icône du cinéma mondial par Abdelhak Najib


Hommage. Le Festival international du film de Marrakech (FIFM) a rendu hommage à l’actrice américaine Sharon Stone, lors de la cérémonie d’ouverture, le 29 novembre 2013. La grande star revient dans cet entretien sur l’honneur d’être célébrée  au Maroc en recevant une  étoile des mains de son  ami Martin Scorsese, son  engagement humain et ce  qu’elle pense du Maroc.





Abdelhak Najib : Recevoir un hommage ici, à Marrakech, qu’est-ce que cela vous inspire-t-il?



Sharon Stone: Je suis très honorée. Ma joie est double. D’abord, recevoir ce trophée des mains d’un grand ami comme Martin Scorsese est pour moi une immense fierté. Ensuite, être honorée au Maroc, dans un pays arabe et musulman, me touche au plus haut degré. Je ne savais pas que j’étais si aimée dans votre beau pays.

On l’a vu lors de votre passage par le tapis rouge, vous avez tenu à saluer le public presque un à un...

Sharon Stone: Ce fut un élan spontané. Je suis descendue de voiture et j’ai

entendu les gens crier mon nom. Je me suis retournée et j’ai marché vers eux. Ils avaient les mains tendues, j’ai aussi tendu les miennes et là j’ai senti tout l’amour que ces hommes, ces femmes, ces jeunes me portaient. Il y avait là une réelle chaleur humaine. Je n’ai ressenti que l’amour d’être parmi ces gens comme si j’étais chez moi.

Martin Scorsese a dit avant de vous remettre l’étoile pour l’hommage qui vous a été rendu, qu’en revenant au Maroc, pays qu’il connaît si bien, il est rentré à la maison. Partagez-vous ce sentiment?
Sharon Stone: Je ne connaissais pas bien le Maroc, mais j’ai voyagé dans le sud avec mes enfants, et j’ai découvert de nombreuses facettes de votre pays. J’avais aussi beaucoup entendu parler du Maroc par des amis du cinéma qui sont déjà venus à Marrakech pour le festival, mais il a fallu que je me fasse mes propres opinions. Le Maroc tranche complètement avec tout ce que l’on peut lire dans les médias américains sur le monde arabe et musulman. C’est un pays sûr, un pays stable, avec un roi qui a su prendre les initiatives qu’il faut pour que son pays traverse les événements tristes du printemps arabe, avec sérénité. C’est là un signal fort qui démontre que le royaume du Maroc est une exception.
À quel niveau?

Sharon Stone: De ce que j’ai appris et j’ai lu, le Maroc a donné plus de liberté aux femmes, et c’est là un sujet qui me touche beaucoup. Vous avez également une nouvelle constitution, plus de liberté et la démocratie prend de plus en plus de place dans la vie, à tous les niveaux.


Le fait que le gouvernement marocain soit dirigé par des islamistes, cela ne vous a-t-il pas, disons, refroidi avant de venir ici?
Sharon Stone: Non, absolument pas. Il y a une vraie tolérance au Maroc et, si j’ai bien compris, c’est là une coutume ancestrale, une réelle tradition marocaine. Cela relève de l’Histoire du Royaume et ce n’est pas l’arrivée d’un gouvernement islamiste qui peut facilement changer le poids de l’Histoire. Non, j’ai été rassurée et mon séjour marocain, avec mes enfants, m’a donné raison.

Parlez-nous de ce voyage au Maroc avant le festival avec vos enfants?

Sharon Stone: Je suis arrivée avant le festival et j’ai eu la chance de visiter le désert marocain avec mes enfants. C’était un voyage exceptionnel. Cela m’a permis de connaître un peu le Maroc. Vous savez, la rencontre des gens est capitale pour s’imprégner d’un pays. Je considère ce séjour avec mes enfants comme une réelle initiation à ce beau pays qu’est le Maroc. J’ai aimé les paysages, la générosité des gens et la paix que l’on ressent ici. Je comprends pourquoi le Maroc est synonyme de bonheur pour de très nombreuses personnes. Il y souffle un air apaisant. C’est de la magie.


Quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre carrière? Sharon Stone: Avec beaucoup de recul, j’aime tout ce que j’ai fait. J’ai joué dans des Blockbusters, j’ai fait des films qui ont marqué des époques dans l’histoire du cinéma, mais j’ai aussi joué dans des films de grands auteurs comme c’était le cas dans Casino,
de Martin Scorsese. J’ai eu la chance de toucher à plusieurs registres et je crois que c’est cela aussi qui caractérise la force d’un acteur, pouvoir camper plusieurs personnages et voyager à travers tous ces caractères.

Quel souvenir gardez-vous de la période très chaude de “Basic Instinct”?

Sharon Stone: Ce film a été un énorme pas dans ma vie d’actrice. J’ai montré ce dont j’étais capable, ce que je savais faire. Au-delà de son côté thriller sexy, c’est un film qui a une place spéciale dans ma carrière. Aujourd’hui, je suis passée à d’autres choses.


Comme votre dernier rôle, très engagé dans le film intitulé “Lovelace”?

Sharon Stone: tout à fait. là, j’ai pris d’autres risques comme vous pourrez le voir à la sortie du film. Je joue dans ce film le rôle de Dorothy Boreman, la maman de Linda, une grande figure du cinéma porno aux USA, qui s’est muée en une farouche militante anti-cinéma X. Le film n’a évidemment rien à voir avec la pornographique. c’est un très beau film qui met la lumière sur une vie humaine, un drame familial, avec beaucoup d’acuité et de sérieux. Je suis très heureuse d’avoir tourné ce film.


Cette rencontre avec Scorsese ici au Maroc pourra-t-elle déboucher sur un nouveau film ensemble? Sharon Stone : Croisez les doigts pour moi et prenons une minute pour prier ensemble pour que cela puisse avoir lieu. Je serai alors une femme comblée, parce que tourner avec Martin Scorsese est le plus cadeau que la vie puisse vous donner


« Le stupéfiant image » de Régis Debray: De la grotte Chauvet au Centre Pompidou


Essais/ Régis Debray signe un ouvrage solide sur le poids de l’image à travers l’histoire. Un voyage en clichés sur l’importance de la représentation dans la culture occidentale.






Dire que l’image tient le haut du pavé aujourd’hui serait un euphémisme malheureux. Tant les images sont présentes à tous les niveaux et compartiments de la vie moderne. Non seulement le monde tourne avec, par et pour l’image, mais celle-ci fait et défait des destins. Elle a un pouvoir quasi dictatorial. Entre médias, arts, cultures, cinéma, peinture, musées, publicité, réseaux sociaux, sans image, certains n’ont plus de vie, du tout. Régis Debray, qui a beaucoup travaillé sur le sens de l’image comme dans son pertinent « Vie et mort de l’Image », sorti en 1992, tente à travers ce recueil de témoignages et d’analyses de lier l’image au temps. Pour l’auteur de « Chroniques de l’idiotie triomphante », il y a des images qui vont au-delà des contingences temporelles. Ni l’époque, ni la contexte historique n’ont de prise sur l’intemporalité de certaines images. D’où d’ailleurs le sous-titre de cet ouvrage : De la grotte Chauvet au Centre Pompidou ».

Hier et demain

C’est dire que du temps des peintures rupestres comme celle de Chauvet, de Lascaux, désignées à juste titre par Georges Bataille comme le lieu suprême de la naissance de l’art, les images ont pris une place centrale au sein de la communauté. Si déjà dans une grotte, il a fallu meubler le temps par la signifiance transcendante des dessins et des négatifs, aujourd’hui, avec le foisonnement des images, l’homme est submergé.
On va donc des héritages des anciennes civilisations pour atteindre ce quantum infini produit en série et filmé en boucle qui comble tous les instants d’une vie humaine. Quelle place pour l’homme dans tout ceci ? Quel apport entre hier et demain ? On peut tout aussi bien faire aujourd’hui le rapprochement entre les animaux  peints dans la grotte Chavet et les icônes actuelles qui défilent à longueur d’année sur les écrans et le papier glacé.
Régis Debray nous invite à voyager à travers les âges pour mieux saisir la place réelle de l’image comme outil de culture et comme projection de soi dans le monde. Et c’est en amoureux de l’image que Régis Debray partage avec nous  ses visions sur ce qui intrigue, fascine et parfois terrifie. Tant les images, avec toute leur cohorte de signification, ont envahi tous les espaces et qu’on n’imagine plus un autre monde qui en sera dénué.
Editions Gallimard.