vendredi 10 mai 2013

Anthologie des écrits de l’Egypte ancienne de Claude Carrier





Ce recueil nous plonge dans la culture de l’Égypte Ancienne. Les héros sont les principaux rois des dynasties. Les textes funéraires regroupent des textes à réciter aux dieux pour passer dans l’autre monde après la mort. Les contes sont des petites histoires à part entière. Le Conte du Paysan éloquent nous raconte la vie d’un paysan au dur labeur. Quant aux Sagesses, elles regroupent de nombreux textes sur les valeurs des hommes de l’époque : comment il faut se comporter avec son semblable, quels sont les devoirs d’un vizir, comment respecter les dieux de son vivant pour assurer son passage dans l’au-delà… Il s’agit là d’un ouvrage clair et complet sur la question. On découvre toute une période de l’Antiquité, mais aussi toute une organisation sociale très hiérarchisé. Au-delà des mots, ce recueil est un hommage à toute une civilisation.
Ce livre est aussi le fruit d’un travail assidu d’un ingénieur de formation. Claude Carrier qui est un passionné d’égyptologie est  membre du Groupe d’Études Méroïtiques de Paris. Il a été lauréat de la Fondation Prince Louis de Polignac pour son Répertoire d’épigraphie méroïtique (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2000).


Editions Thélès.

Fouad Laroui, prix Goncourt 2013 de la nouvelle Eloge de la dérision


Le prix Goncourt de la nouvelle a été attribué le 7 mai 2013, à l'écrivain et marocain d'expression française Fouad Laroui pour "L'étrange affaire du pantalon de Dassoukine" publié aux éditions Julliard.   




Déjà à la lecture de « Les dents du topographe », on a senti cette expansion à la dérision qui sera l’une des constantes du travail de Fouad Laroui.  On a touché les mêmes pointes acerbes et cruelles de drôlerie dans « Méfiez-vous des parachutistes » ou encore dans « Tu n’as rien compris à Hassan II ». Fouad Laroui, auréolé, depuis le 7 mai 2013 du Prix Goncourt de la nouvelle, donne dans la métaphore sociale pour rendre compte d’une actualité brûlante. A la fois drolatiques et coriaces, ces personnages ont le don de vivre et de s’épanouir au fil des pages. Ils sont aussi pleins de surprises. Ce qui octroie aux textes de Fouad Laroui une espèce de fraicheur, qui n’est pas  à confondre avec la légèreté plate.  Ecriture légère dans ce sens qu’elle ne ploie pas sous le poids  superfétatoire d’ajouts inutiles qui donne dans la fioriture au lieu d’émonder, d’élaguer le propos pour en rendre à la fois l’essence et ici, le suc. Car pour cette  histoire du pantalon de Dassoukine, on ne peut certes s’empêcher de voir la référence à une figure comique de la scène télévisuelle marocaine. Mais il n’y a pas que cette utilisation première du personnage qui compte. Au-delà, Fouad Laroui, tente de créer un univers particulier autour d’un homme qui porte en lui l’ironie. Du coup, avec ou sans pantalon, il ira au bout de sa mission. Ce qui est donnée à lire comme une parabole de l’époque actuelle, avec ses contradictions, ses codes futiles, son diktat d’une certaine manière d’être et de penser, est balayé par l’insouciance d’un homme, qui est habité par l’accomplissement.

Douce folie
L’étrange affaire du pantalon de Dassoukine raconte le périple haut en couleurs d’un jeune fonctionnaire marocain qui est venu à Bruxelles pour acheter du blé européen. Il veut se le procurer au meilleur prix et ainsi faire des économies pour son pays qui en manque cruellement.  Mais les choses ne se passent pas comme prévu. Dassoukine se fait blouser. On lui pique son pantalon. Dilemme. Que faire. Dassoukine ne se démonte pas. Il fait fi de ce que diront les gens, endosse des hardes et va   faire son travail. La meilleure façon d’attraper les choses pour Dassoukine est de tourner le dos à tout ce qui n’est pas lui. Autrement dit, dans un monde fou, seul un fou tient la route. Dassoukine a cette folie douce, humaine, trop humaine, sans concessions et sans compromis avec l’air ambiant.
Violence moderne
Toute la société moderne est ici passée au crible. Rien n’échappe à l’oeil aiguisé d’un autre qui sait créer du rire là où le tragique bas son plein. Pour cet originaire d’El Jadida, né à Oujda et qui vit à Amsterdam, après avoir écumé des jours plus ou moins heureux à Cambridge, ce mélange des cultures est une manne inépuisable. Le clash entre deux mondes, le bras de fer entre plusieurs cultures offre des situations tragi-comiques de haut vol. Rien d’étonnant pour ce Ponts et Chaussées en France, qui a fait un passage par les phosphates à Khouribga avant de devenir l’écrivain que l’on connaît. A 55 ans, en voilà une belle consécration pour un écrivain qui prend son travail au sérieux, sans se prendre au sérieux.  Ce serait dommage pour un homme qui base tout son propos sur l’humour, même grinçant et noir. Il le dit lui-même, son écriture est engagée. «J'écris pour dénoncer des situations qui me choquent. Pour dénicher la bêtise sous toutes ses formes. La méchanceté, la cruauté, le fanatisme, la sottise me révulsent ». Dans ce sen, quelle empreinte laissera l'expérience occidentale dans l'oeuvre de  Fouad Laroui ? A coup sûr plus de richesse, une bonne dose de recul pour décrire la rencontre de plusieurs mondes entre violence et dérision. 

Série télévisée Homeland ou le dilemme américain





 Pour ceux qui ont suivi la saison 1 de Homeland, la saison 2 qui arrive bientôt sur Canal et 2M, offre une intrigue encore plus corsée que la précédente. En effet, l’histoire de ce soldat américain, retenu en otage en Afghanistan et qui rentre au pays et devient terroriste, réserve d’autres péripéties. Rien n’est aussi simple ni aussi facile à deviner. Si Carrie Mathison, l’agent de la CIA qui suit à la trace le soldat Nicolas Brody, reprend sa place au sein de l’équipe qui veut déjouer les attaques terroristes au sein même de la Maison Blanche, d’autres révélations sur les soubassements de la lutte antiterroristes sont mis au grand jour dans un jeu de pistes sans pareille. La série de Show Time, produite par Howard Gordon et Alex Gansa, a raflé en 2011 et 2012, tout ce qui se fait comme prix pour les Golden Globe de la meilleure série dramatique. Avec Damien Lewis, meilleur acteur et Claire Danes, meilleure actrice, scénariste et producteurs sont à la fête avec un produit télévisuel à la fois actuel et sérieux. Sans le moindre cliché sur les méchants musulmans et les gentils américain, ou alors ce manichéisme bâtard qui veut diviser le monde en bons et mauvais, Homeland traite du terrorisme vu de l’intérieur, née au sein même de la maison Amérique avec toutes les dérives de la politique US dans ce dossier très épineux et sensible. 

mercredi 8 mai 2013

Les arbres voyagent la nuit d’Aude le Corff: Voyage inattendu au Maroc


Aude Le Corff signe un roman subtil sur une  histoire d’amour entre un professeur et une jeune lectrice. Sur fond d’un voyage initiatique, c’est une découverte de soi à travers l’autre. Passionnant.




C’est un premier roman. Aude le Corff n’a que 36 ans, et elle a décidé de faire de l’écriture sa vie. Un choix judicieux parce que le roman que nous avons entre les mains mérite franchement que l’on laisse tout tomber pour lui donner vie. Aude le Corff crée des personnages comme vous et moi, mais elle leur insuffle cette poésie qui manque cruellement aujourd’hui au monde froid où l’on vit. C’est l’histoire de Manon, une jeune fille dont la mère est morte. Son père sombre chaque jour davantage dans la dépression. Aude le Corff lui a crée aussi un arbre pour lui tenir place d’assise, de pilier, d’enracinement. « Manon se raccroche à ses chats et son bouleau au début du roman, à ses rituels, pour compenser l’absence de la mère.  Elle aurait aimé que son arbre l’accompagne pendant le voyage. Son imagination fait le reste. C’est aussi une métaphore de ce qui voyage en nous, notre face cachée, nos fragilités, nos secrets, ce qu’on refoule. » explique l’auteure.   La vie coule plus ou moins sans accrocs jusqu’au jour où apparait un professeur de français à la retraite, qui se voit pris dans la vie de la jeune Manon, malgré lui. Tout en elle attire son attention. Il veut découvrir qui elle est, quelles sont ses attentes, quels sont ses rêves et que veut-elle faire de sa vie.

Voyage initiatique
Manon a des rites sacrés. A chaque sortie de classe, le soir, elle prend le chemin du jardin. C’est là qu’elle trouve refuge. C’est là qu’elle crée son univers, avec ses songes secrets, ses personnages connus d’elle seule, ses aspirations pour des jours heureux en perspective. On l’accompagne dans on partage avec son arbre aimé. Elle est là, assise sous son  bouleau, loin du monde, loin des autres, loin du père, au plus près de sa mère. Elle entame des conversations avec les insectes. On croirait même qu’elle donne  voix aux fourmis tant son échange est sincère, vrai, réel. L’autre rite majeur demeure les livres.   Elle lit et peuple son entourage d’autres visages puisés  entre les lignes. Elle lit et  voyage. Et c’est là que le professeur Anatole vient faire son entrée dans cet univers ouvert sur d’autres dimensions. Le Petit Prince fait office de présentation entre les deux personnages. Ils partagent leurs secrets, leurs espoirs, leurs volontés d’aller ailleurs. Manon devient alors le centre de vie d’Anatole.   Sa vie, on le pressentait change. Et à travers Manon, il rencontre d’autres vies, celle de Sophie, une femme à part, difficile d’entame, mais qui cache une grande sensibilité. Il fait aussi la connaissance et Pierre, le père de la fillette. Ensemble, ils décident de partir pour le Maroc.  Roman simple, humain,  Les arbres voyages la nuit est une des belles surprises de cette année littéraire.

Editions Stock.

« Dead Man Down » avec Colin Farell Du plomb dans l’aile






C’est une histoire de la pègre. Le milieu mafieux est infiltré pour servir de base à un récit filmique assez dosé. C’est l’histoire d’un gars nommé Victor. Il officie comme homme à tout faire d’un certain d’Alphonse, une espèce de parrain new-yorkais. Sans savoir pourquoi, leur gang est attaqué de partout. Les hommes tombent comme des mouches. Et va savoir pourquoi on a voulu décimer de l’homme à la ronde sans crier gare. Mais cela sert de prétexte pour voir Colin Farrell entrer dans le jeu et commencer lui aussi, sa ronde cruelle, de règlement de compte.  C’est là que Darcy fait son apparition. Cet ami de Victor va décider   de découvrir qui est le tueur. Mais il faut une femme pour que la partie soit agréable à suivre. Victor va donc faire connaissance avec Béatrice, une Française qui vit avec sa mère. C’est le coup de foudre. Mais Béatrice cache autre chose. Elle n’est pas tout à fait celle qu’elle dit être. Elle a soif de vengeance pour des faits qui remontent à  un passé tourmenté. Et Victor doit lui venir en aide. Et là, Béatrice découvre, de son côté, que Victor n’est pas non plus ce qu’il dit être. Bref, tout el monde joue un double jeu dans un thriller bien mené avec un Colin Farrell qui a juste besoin d’être là, faire une ou deux grimaces pour que ça marche. Bref, un bon petit film gentil et sympathique pour un soir où il n’y arien à se mettre sous la dent.

Réalisé par Niels Arden Opplev.   Avec Colin Farrell et  Noomi Rapace. 

Pour qui sonne le glas…






Douche allemande. Bien froide, mais elle n’a pas eu l’effet revigorant escompté, mais juste une lessive dans une machine allemande à l’ingénierie efficace. Quoi qu’il arrive dans les prochains jours, les prochaines semaines, le FC Barcelone aura été humilié, écrasé, dominé, laminé, traîné sur le gazon comme de pauvres âmes en peine, à l’image de leur star et icône Lionel Messi, inexistant, transparent, perdu, égaré au milieu d’une armada bavaroise. Dante, le solide défenseur brésilien du Bayern a même été le voir pour s’enquérir de sa santé, en plein match, tellement le petit argentin était très mal. Un geste de compassion de la part d’un grand joueur à l’égard d’un autre grand joueur, qui a été éclipsé par plus fort que lui.
Je l’ai écrit il y a quinze jours sur ces mêmes colonnes, à cet endroit précis en disant que Messi est la clef de la victoire du Barça mais aussi celle de sa déconvenue. Jouer pour un seul est une erreur. Cela a fait son temps, mais aujourd’hui le Barça est dépassé. Le jeu est collectif. Quand Messi marche les Catalans marquent et se régalent. Quand il piétine, ils perdent pied. C’est une réalité. Et les allemands, jouant collectifs, ont donné une grande leçon de football moderne à ce Barça qui a fait office d’école jusqu’à un certain 23 avril 2013.
Une page est tournée. D’ailleurs quand j’avais écrit que Zlatan était de loin meilleur que Messi, j’ai reçu tant de critiques et de sarcasmes. Certains fanatiques ‘ont même avancées des injures sur mon blog. Mais j’ai raison. Messi est certes un très bon footballeur, mais il n’a pas le coffre pour encaisser. C’est un petit enfant encore friable qui  ne sait jamais gérer les grands défis. Et à chaque fois c’est vérifié. Face au Bayern ce n’était pas le classico l’opposant au Real où il pouvait donner dans la surenchère avec son compère Ronaldo. Là, il avait en face des noms comme Lahm, Schweinsteiger, Müller, Gomez, Ribéry, Robben, Alaba, Dante, Boateng, Martinez, tous capables de marquer, tous capables de défendre tous des stars solides dans la durée et qui ont assez de solidité pour souffrir. Le barca ne sait pas souffrir. Il veut humilier, mais il doit aujourd’hui accepter la fatalité de l’histoire.
Quand on chute de cette façon, on tire sa révérence et on essaie de se refaire une santé. C’est déjà arrivé. Le Milan AC des Gullit, Van Basten et Rijkaard avait dominé dans les années 90 et puis il a sombré.  Le Real aussi, l’Ajax, ce même Bayern qui est revenu depuis 2001 au top, la Juve et d’autres grands clubs. C’est la règle  du jeu. Et le Barça me semble assez obtus pour comprendre qu’il doit changer de vision, de philosophie de jeu et  s’adapter à la dure réalité celle qui dicte que la chute sera toujours plus dure. 

Les peintres marocains tiennent la cote: 4 millions dhs pour Cherkaoui


Les plasticiens marocains voient leurs cotes grimper non seulement au Maroc mais aussi à l’étranger. Entre ventes aux enchères, collections privées et acquisitions par des musées, les peintres marocains ont le vent en poupe. Tant mieux.




Il est connu dans les milieux artistiques, surtout les Arts plastiques, qu’il n’appartient pas aux peintres de fixer leur propre cote. Pourtant, c’est ce qui se fait au Maroc.  Débutant ou artiste confirmé, plasticien amateur ou talent pur, chacun y va de son prix. À vu d’oeil, à l’estimation, selon les fluctuation d’une bourse d’art dont les peintres et les galeristes sont les deux piliers essentiels. Quand on parcourt les annales de la peinture marocaine actuelle, on constate que c’est à coup sûr la seule expression artistique fleurissante. La peinture connaît certes la crise, mais elle permet surtout des placements sûrs, justement pour juguler des périodes de vache maigre. Avec des centaines de peintres qui se partagent le marché local, il y a dans le tas, une quinzaine de peintres de bonne facture. Une poignée de grands créateurs, et le reste voguent sur la vague du succès offert par la mode des collections, le boom des galeries d’art qui ouvrent un peu partout dans le pays. Dans cet engouement pour l’art, l’argent dicte les lois du marché. Il faut bien vivre. Artistes et galeristes semblent être d’accord pour faire du paysage des Arts plastiques marocains, une valeur marchande sûre.

Valeurs sûres
Aujourd’hui, un tableau d’un grand nom peut être vendu  à plus  de 800 000 dhs. Certains milieux très fermés parlent de toiles acquises à plus d’1 million de dhs. Quoi qu’il en soit, si des peintres comme Jilali Gherbaoui et Ahmed Cherkaoui, deux immenses artistes n’ont pas profité de leurs créations, aujourd’hui, ils ont une cote infaillible. On le sait, Ahmed Cherkaoui n’a pas beaucoup peint. Ce qui explique la rareté de ses œuvres que les collectionneurs s’arrachent.  La cote varie entre 150 000 et 400 000 DH. Mais les toiles sont pratiquement introuvables. Une ventre privée d’un grand format d’Ahmed Cherkaoui a enregistré le record avec 4 millions dhs.  Jilali Gherbaoui, qui a peint à profusion et qui est mort, pauvre à Paris,  se vend très bien. C’est le peintre de prestige qu’il faut avoir dans sa collection. Particuliers, hommes d’affaires institutions financières, tout le monde veut son Gherbaoui. Il faut compter 80 000 DH le petit format, 300 000 DH, le format moyen. Mais l’une de ses œuvres a été vendue à 2 millions dhs.  Pour un immense peintre comme le défunt Mohamed Kacimi, des formats dépassant les 2 mètrent ont franchi les 3 millions  dhs. Pour Aziz Daki, critique d’art et co-fondateur de la Galerie 21 de Casablanca,  «Mohamed Kacimi est appelé à franchir d’autres seuils tant la qualité de son travail est indiscutable ». Dans le même sillage, on peut citer un autre grand peintre Miloud Lebied, qui a aussi dépassé largement le million de dhs.
Mais il n’y a pas que les artistes défunts qui marchent. Des vivants ont pu atteindre des sommets. L’exemple le plus récent de Mohamed Melehi (voir encadré) est significatif à cet égard. Les 62 500 dollars pour une toile vendue à Dubai attestent de la bonne santé du peintre et des Arts plastiques marocains. Une autre peinture de Saad Ben Cheffaj, a été adjugée à 50 000 euros chez Christie’s, en juin 2012 à Paris.  Pour ce grand nom de la peinture marocaine, né à Tétouan en 1939 et qui expose depuis plus de 50 ans, c’est une excellente nouvelle tant son travail est d’une extrêmes précision et d’une profondeur certaine.  
Peintres contemporains
C’est le cas aussi de Hassan El Glaoui, un des pionniers connu pour ses scènes de fantasia et de cavaliers.  Il ya à peine quelques années, sa cote était aux alentours des  50 000 dhs.  Aujourd’hui, l’une de ses toiles a été vendue à 400 000 dhs. Mais la valeur fixe de l’artiste ne descend plus à moins de 100 000 DH.  Pour des noms aussi forts que El Glaoui, quand on franchit un cap en termes de cote, il est presque impossible de voir sa courbe fléchir. C’est le cas d’autres noms très connus et qui font du très bon travail. On peut citer, entre autres, André El Baz qui va de 150 000 à 300 000 dhs, Fqih Regraguin de 30 000 à 250 000 dhs, Farid Belkahia qui vend à 50 000 DH, certaines de ses fresques sont estimées à plus de 500 000 dhs. Tout comme Mahi Binebine, peintre prolifique est très aimé dans les milieux d’art,  qui, lui, fluctue, entre 50 000 et 150 000 DH.  Pour de très grandes dimensions, certains avancent le chiffre  d’1 million dhs. Quant à Mehdi Qotbi, pour des commandes spéciales, son travail atteint en moyenne 300 000 DH.

Reste certains peintres maudits, comme Abass Saladi. Un artiste illuminé, un talent hors normes, qui se vendait il y a quelques années, après sa mort, à 10 000 DH. Pour avoir une simple aquarelle de Saladi aujourd’hui,  il faut débourser 80 000 DH. D’autres peintres d’Essaouira, découverts sur le tard, ont eu pratiquement la même courbe. Ahmed Krifla, découvert sur le tard, par hasard, vendait au meilleur des cas à 6 000 DH. En l’espace de quelques mois, sa cote a dépassé les 70 000 DH. Du côté de ceux qu’ l’on appelle les peintres naïfs, c’est Mohamed Ben Allal, le peintre marrakchi, qui tient le haut du pavé.  Une de ses œuvres a été vendue à 855 000 dhs. Pour Ahmed Louardiri, décédé en 1974, les prix varient entre 100 000 à 400 000 dhs. Tout comme Chaâbia Talal dont les œuvres tournent autour de 200 000dhs, ou encore Fatéma Hassan Ferrouj, trsè à la mode, négociée aujourd’hui à  plus de 150 000 DH.
Coté peintres contemporains, les noms de Younes Rahmoun, Mohamed Elbaz, Mounir El Fatmi  sont les plus cités. Sans oublier le jeune prodige Zakaria Ramhani, qui a une grande cote à l’international soit à Dubaï ou à New York. Une de ses œuvres a été vendue à 22 500 dollars chez Christie’s le 18 avril 2013.